Excès de vitesse : amendes, retrait de points et barème en France

Un excès de vitesse peut entraîner une amende, un retrait de points et, dans les situations les plus graves, une rétention ou une suspension du permis. En France, la sanction dépend principalement de la vitesse retenue, de la limitation applicable sur la route contrôlée et de certaines circonstances particulières.

Comprendre le barème permet d’anticiper les conséquences d’un avis de contravention, de vérifier les informations figurant sur le procès-verbal et d’agir rapidement pour préserver son capital de points. Une conduite adaptée reste naturellement le meilleur moyen d’éviter une sanction et de circuler plus sereinement.

Le barème des excès de vitesse : amendes et points retirés

Les excès de vitesse sont encadrés notamment par l’article R413-14 du Code de la route. La gravité de l’infraction est calculée à partir du dépassement de la limitation après application de la marge technique du dispositif de contrôle.

Les montants ci-dessous correspondent aux amendes forfaitaires habituelles. Une amende peut être minorée en cas de paiement rapide ou majorée si elle n’est pas réglée dans les délais. Le montant maximal peut être fixé par un juge lorsque le dossier est porté devant une juridiction.

Dépassement retenuAmende forfaitaireRetrait de pointsPrincipales conséquences
Moins de 20 km/h hors agglomération, lorsque la limitation est supérieure à 50 km/h68 €1 point, sauf si le dépassement retenu est inférieur à 5 km/hContravention de 3e classe
Moins de 20 km/h en agglomération ou lorsque la limitation est égale ou inférieure à 50 km/h135 €1 point, sauf si le dépassement retenu est inférieur à 5 km/hContravention de 4e classe
De 20 à 29 km/h135 €2 pointsContravention de 4e classe
De 30 à 39 km/h135 €3 pointsRétention possible lors d’une interception et suspension administrative possible
De 40 à 49 km/h135 €4 pointsRétention possible lors d’une interception et suspension administrative possible
À partir de 50 km/h300 € dans le cadre de l’amende forfaitaire délictuelle, selon les conditions applicables6 pointsDélit, passage possible devant le tribunal correctionnel et sanctions complémentaires

Pour les contraventions à 135 €, l’amende minorée est généralement de 90 € et l’amende majorée de 375 €. Pour les contraventions à 68 €, le montant minoré est habituellement de 45 € et le montant majoré de 180 €. Ces délais et montants doivent toujours être vérifiés sur l’avis reçu.

Excès inférieur à 20 km/h : une sanction différente selon la zone

Un même petit dépassement n’est pas sanctionné de la même manière partout. Lorsque la limitation est supérieure à 50 km/h et que l’infraction est commise hors agglomération, l’amende forfaitaire est de 68 €. En revanche, en agglomération ou sur une voie limitée à 50 km/h ou moins, l’amende forfaitaire s’élève à 135 €.

Cette distinction reflète la nécessité de protéger les usagers les plus vulnérables dans les zones où se croisent plus fréquemment piétons, cyclistes, deux-roues et véhicules.

Pas de retrait de point pour un dépassement retenu inférieur à 5 km/h

Depuis le 1er janvier 2024, un dépassement de vitesse inférieur à 5 km/h en vitesse retenue ne donne plus lieu à un retrait de point. L’amende reste toutefois applicable.

Cette règle ne signifie pas que les premiers kilomètres par heure de dépassement sont autorisés. La limitation demeure la vitesse maximale légale à respecter. Elle permet simplement d’éviter un retrait de point pour les plus faibles excès constatés après le calcul de la vitesse retenue.

À partir de 30 km/h : des mesures immédiates peuvent concerner le permis

Pour un excès compris entre 30 et 39 km/h, le retrait est de 3 points. Entre 40 et 49 km/h, il atteint 4 points. L’amende forfaitaire est de 135 € dans les deux cas, mais les conséquences sur le permis deviennent nettement plus importantes.

En cas d’interception, les forces de l’ordre peuvent procéder à une rétention immédiate du permis pour un dépassement d’au moins 30 km/h. Le préfet peut ensuite décider d’une suspension administrative, qui peut aller jusqu’à trois ans selon les circonstances. Le juge peut également prononcer des peines complémentaires dans le cadre de la procédure applicable.

Réagir vite après une telle mesure est utile : le conducteur peut notamment suivre l’évolution de son dossier, respecter strictement les décisions notifiées et envisager, si son solde le permet, les solutions de récupération de points adaptées.

Grand excès de vitesse : un délit à partir de 50 km/h

Depuis le 29 décembre 2025, un excès de vitesse égal ou supérieur à 50 km/h constitue un délit dès la première infraction. Auparavant, cette situation relevait en principe d’une contravention de 5e classe lors d’une première commission.

Le retrait est de 6 points. Selon la situation, une amende forfaitaire délictuelle peut être proposée, notamment au primo-infractionnel qui ne se trouve pas en état de récidive légale. Son montant forfaitaire est de 300 €, avec un montant minoré de 250 € et un montant majoré de 600 € selon les délais applicables.

Le paiement de l’amende forfaitaire délictuelle vaut reconnaissance des faits et peut entraîner une inscription au casier judiciaire. Lorsque l’affaire est jugée par le tribunal correctionnel, l’amende peut atteindre 3 750 €, avec des peines complémentaires possibles telles qu’une suspension, voire une annulation du permis, selon les faits et la décision judiciaire.

Récidive : une situation particulièrement sévère

La récidive du délit de grand excès de vitesse dans le délai légal de cinq ans expose à des sanctions renforcées. Elle peut notamment conduire à une peine d’emprisonnement, à une annulation du permis et à la confiscation du véhicule dans les cas prévus par la loi.

Dans ce contexte, se faire accompagner dans ses démarches et prendre immédiatement des décisions favorables à la sécurité routière peut aider à mieux gérer la situation administrative et judiciaire.

Vitesse mesurée et vitesse retenue : comprendre le calcul après un radar

La vitesse affichée par le radar n’est pas directement celle utilisée pour déterminer le niveau de l’infraction. L’administration applique une marge technique réglementaire afin de tenir compte des caractéristiques métrologiques des appareils homologués. La sanction repose sur la vitesse retenue, et non sur la vitesse brute mesurée.

Type de contrôleVitesse mesurée inférieure à 100 km/hVitesse mesurée égale ou supérieure à 100 km/h
Radar fixe ou contrôle à poste fixe5 km/h déduits5 % déduits
Voiture-radar en circulation10 km/h déduits10 % déduits

Par exemple, avec un radar fixe, une vitesse mesurée de 97 km/h sur une route limitée à 90 km/h correspond généralement à une vitesse retenue de 92 km/h. Le dépassement retenu est donc de 2 km/h : l’amende peut être due, mais aucun point n’est retiré puisque le dépassement retenu est inférieur à 5 km/h.

La marge technique n’est pas une tolérance accordée pour rouler plus vite. Elle sert à fiabiliser la mesure retenue pour la verbalisation.

Les circonstances qui peuvent aggraver les conséquences

Le barème constitue une base, mais le contexte de l’infraction peut avoir une influence importante sur les suites du dossier. Certaines situations exigent une vigilance renforcée et peuvent conduire à des sanctions cumulées.

Excès commis en agglomération

En agglomération, un excès inférieur à 20 km/h est plus coûteux lorsque la limitation est de 50 km/h ou moins : l’amende forfaitaire est de 135 €, contre 68 € hors agglomération sur une route limitée au-delà de 50 km/h. Cette différence prend en compte les risques accrus liés à la densité de circulation et à la présence d’usagers vulnérables.

Alcool ou stupéfiants au volant

Un excès de vitesse associé à une conduite sous l’empire d’un état alcoolique ou après usage de stupéfiants peut entraîner le cumul des infractions. Les conséquences administratives et pénales sont alors sensiblement plus lourdes, notamment pour le permis de conduire.

Permis probatoire

Un conducteur en période probatoire débute avec un capital de 6 points. Un grand excès de vitesse entraînant le retrait de 6 points peut donc conduire à l’invalidation du permis si le retrait devient définitif.

Pour un excès de vitesse supérieur à 20 km/h commis pendant la période probatoire, le stage de sensibilisation à la sécurité routière peut devenir obligatoire après réception de la lettre recommandée appropriée. Réaliser ce stage dans les délais permet de satisfaire à cette obligation et, lorsque les conditions sont réunies, de récupérer des points dans la limite du plafond autorisé.

Contester un PV pour excès de vitesse : délai et bonnes pratiques

Une contestation est possible lorsqu’elle repose sur des éléments précis et vérifiables. Elle doit être engagée dans les délais figurant sur l’avis de contravention. Pour une amende forfaitaire, le délai est généralement de 45 jours à compter de l’envoi de l’avis. En cas d’amende forfaitaire majorée, le délai est généralement de 30 jours.

Un point essentiel : payer l’amende vaut en principe reconnaissance de l’infraction. Le paiement rend ensuite la contestation très difficile, voire irrecevable selon la procédure concernée. Il est donc préférable de choisir entre paiement et contestation avant d’agir.

Exemples de motifs à examiner

  • Erreur sur la date, l’heure, le lieu, l’immatriculation ou une autre mention essentielle du procès-verbal.
  • Véhicule volé, usurpation de plaque ou impossibilité démontrée d’être le conducteur au moment des faits.
  • Prêt du véhicule à un tiers identifiable, avec les démarches de désignation adaptées.
  • Question relative à la signalisation applicable ou à la régularité du contrôle, lorsqu’elle est étayée par des éléments concrets.
  • Incohérence matérielle susceptible d’affecter l’identification du véhicule ou la procédure.

La contestation peut être réalisée en ligne auprès de l’organisme compétent indiqué sur l’avis, ou par courrier adressé à l’officier du ministère public. Il est recommandé de conserver une copie de tous les documents, l’accusé de réception et les justificatifs transmis.

Lorsqu’un titulaire de certificat d’immatriculation n’était pas au volant, il doit respecter les règles de désignation applicables. Une fausse désignation constitue elle-même une infraction pénale : il est donc indispensable de transmettre des informations exactes.

Récupérer ses points après un excès de vitesse

Un retrait de points ne signifie pas que la situation est figée. Plusieurs mécanismes permettent de reconstituer son capital, à condition de respecter les règles applicables et de ne pas commettre de nouvelle infraction entraînant un retrait de points.

La récupération automatique avec le temps

La récupération automatique dépend de la nature de l’infraction et de l’absence de nouvelle perte de points pendant le délai requis. Dans de nombreuses situations, le retour au capital maximal intervient après deux ans sans nouvelle infraction avec retrait de points. Pour certaines infractions plus graves, notamment un excès de 40 à 49 km/h, le délai est de trois ans.

Les règles de reconstitution peuvent varier selon la catégorie de l’infraction et l’historique du permis. Pour consulter un guide sur les exces de vitesse points permis, vérifier régulièrement son solde de points permet de prendre les bonnes décisions au bon moment.

Le stage de récupération de points

Le stage de sensibilisation à la sécurité routière est une solution concrète pour les conducteurs dont le permis est encore valide. Il permet de récupérer jusqu’à 4 points, dans la limite du plafond du permis, généralement 12 points.

  • Le stage dure deux jours consécutifs.
  • Il doit être suivi dans un centre agréé.
  • Un stage volontaire permettant de récupérer des points peut être réalisé une fois par période de douze mois.
  • Le permis doit disposer d’un solde compris entre 1 et 11 points au moment opportun de la démarche.
  • Les points sont crédités après l’accomplissement du stage, selon le traitement administratif de l’attestation.

Ce stage présente un double bénéfice : il aide à sécuriser le solde du permis et favorise une réflexion utile sur les comportements de conduite. Pour les conducteurs proches d’un seuil critique, anticiper peut éviter de se retrouver avec un capital insuffisant.

Les bons réflexes pour protéger son permis

La prévention reste la stratégie la plus avantageuse, tant pour préserver les points que pour éviter les coûts et les démarches administratives. Quelques habitudes simples font une réelle différence au quotidien.

  1. Adapter sa vitesse à la signalisation, mais aussi à la météo, au trafic et à la visibilité.
  2. Ralentir avant les entrées d’agglomération, les zones limitées à 30 km/h, les abords d’écoles et les chantiers.
  3. Utiliser un limiteur ou un régulateur de vitesse lorsque les conditions de circulation le permettent.
  4. Contrôler régulièrement son solde de points afin d’anticiper une éventuelle récupération.
  5. Ne pas attendre une situation d’urgence pour envisager un stage de récupération de points.
  6. Lire attentivement tout avis reçu et respecter les délais de paiement ou de contestation.

À retenir sur les sanctions pour excès de vitesse

Le montant de l’amende pour excès de vitesse varie généralement de 68 € à 750 € pour les contraventions, selon le dépassement et la zone concernée. Le retrait peut aller de 1 à 6 points. Dès 30 km/h au-dessus de la limitation retenue, une rétention du permis est possible en cas d’interception, suivie le cas échéant d’une suspension administrative.

Depuis le 29 décembre 2025, un dépassement égal ou supérieur à 50 km/h est un délit dès la première infraction. Enfin, la vitesse servant au classement de l’infraction est toujours la vitesse retenue, calculée après déduction de la marge technique réglementaire.

En cas de perte de points, il existe des solutions : laisser jouer les délais de récupération sans nouvelle infraction ou suivre un stage agréé pour regagner jusqu’à 4 points. En adoptant ces bons réflexes, chaque conducteur peut mieux protéger son permis et conduire avec davantage de sérénité.

Latest content